đŸœïžManger pour vivre ? Pas seulement !

đŸœïžManger pour vivre ? Pas seulement !

Vous pensiez que manger avait pour seul et unique but de vous maintenir en vie ? Le rÎle de l'alimentation va bien au-delà de ça ! Si l'aliment a bien une fonction biologique, il a également une fonction socio-culturelle et (psycho)affective. On vous éclaire sur ce sujet  incroyablement passionnant ! 

 

 

I. La fonction socio culturelle de l'alimentation.

Vous l'aurez remarqué, le repas est le moment clé pour réunir des individus et les mettre en relation.

L'anthropologie du comportement alimentaire est une science vraiment trÚs intéressante. Elle étudie l'humain, ses attitudes et ses interactions avec les autres lors de la prise alimentaire.

En effet, suivant les personnes qui vous entourent, vous allez manger différemment : le contenu de votre assiette différera, le rythme auquel vous vous alimentez variera et la durée du repas changera également. Autre fait surprenant : vous apprécierez le repas de façon différente suivant le degré d'affection qui vous unit aux personnes qui partagent ce moment avec vous et selon la positivité de l'ambiance. 

Tous les soirs, autour d'un repas, avec les membres de votre famille proche, vous vous réunissez au dßner ? C'est pour vous l'occasion de raconter votre journée. Cela permet de consolider les liens qui vous unissent. L'air de rien, cela structure votre prise alimentaire : vous mangez quand tout le monde est rentré du travail et vous trouvez un rythme tous ensemble, que ce soit l'heure de début ou la durée du festin.

Ou bien, vous avez sans doute déjà assisté à un déjeuner d'affaires ? L'occasion de se réunir dans un cadre un peu plus convivial que le lieu de travail et de créer d'autres types de liens que ceux strictement professionnel. Le repas amÚne la détente qui permet de discuter avec plus de légÚreté et de donner une autre dimension moins fatigante aux discussions de boulot. Votre maniÚre de manger se calibre instinctivement sur celle des autres : le coup de fourchette est plus lent et entrecoupé de conversations et le déjeuner s'éternise plus que vos repas habituels. 

Egalement, et vous l'aurez sans doute remarqué : suivant le pays, les aliments proposés diffÚrent. Parfois, il peut s'agir d'aliments similaires mais le design du packaging du produit va varier pour s'adapter au profil socio-culturel du consommateur et mettre en avant tel ou tel ingrédient. D'autre fois, les aliments sont totalement différents d'un pays à l'autre car la culture y est différente.

Par exemple, avez-vous dĂ©jĂ  entendu parler de l'Ɠuf de cent ans ? Ce mets chinois est en fait un Ɠuf vieilli  pendant quelques semaines ou quelques mois dans un mĂ©lange spĂ©cial. RĂ©sultat ? Le jaune devient vert foncĂ©, avec une texture crĂ©meuse et avec une forte odeur de soufre et d'ammoniac. Le blanc quant Ă  lui devient brun foncĂ© et translucide comme une gelĂ©e. Ca vous tente vous ? TrĂšs certainement pas, alors que les chinois en raffolent, question de culture ! RĂ©ciproquement, ils n'aimeront trĂšs sĂ»rement pas notre trĂšs cher et rĂ©putĂ© camembert odorant.

 

II. La fonction psycho-affective de l'alimentation.

DÚs le plus jeune ùge, l'alimentation joue un rÎle clé. Que la mÚre allaite ou non, donner le lait est un instant unique entre la mÚre et l'enfant qui contribue au développement affectif. 

Vous-mĂȘme, vous dĂ©veloppez une apprĂ©ciation hĂ©donique de la nourriture. C'est Ă  dire que vous ĂȘtes Ă  la recherche d'aliments que vous aimez et qui vous donne du plaisir Ă  la dĂ©gustation. Cet hĂ©donisme passe par la recherche de propriĂ©tĂ©s organoleptiques conformes Ă  vos attentes personnelles en termes de goĂ»t, d'odeur, de texture et d'aspect. En consommant un aliment que vous apprĂ©ciez, vous crĂ©ez un lien affectif pour ce dernier. 

Enfin, avez-vous remarqué qu'humeur et comportements alimentaires sont intimement liés ?

Prenons l'exemple classique, sans faire de gĂ©nĂ©ralitĂ© puisque chaque comportement est individuel et dĂ©pend de l'historique et du caractĂšre de chacun. Vous venez de vivre une rupture amoureuse. BouleversĂ©e, vous vous prĂ©cipitez dans le supermarchĂ© le plus proche pour dĂ©valiser les rayons de crĂšmes glacĂ©es. Vous les dĂ©guster ensuite Ă  la (grosse) cuillĂšre en quĂȘte de rĂ©confort. Cela vous calme, vous apaise et vous fait vous sentir mieux.

A l'inverse, il se peut que, folle amoureuse, l'estomac rempli d'amour, vous n'ayez plus la tĂȘte Ă  manger. Votre prise alimentaire diminue alors fortement.

Eh oui, vous ne le saviez peut-ĂȘtre pas mais vous entretenez une relation particuliĂšre avec la nourriture. Telle votre moitiĂ©, elle subit vos humeurs, vos exigences, votre haine, et vos excĂšs d'amour.

 

III. La fonction biologique de l'alimentation.

Nous en arrivons à la fonction la plus connue de l'alimentation : la fonction biologique. Nous nous nourrissons pour répondre à 3 besoins fondamentaux : le besoin de matiÚre, le besoin d'énergie et le besoin d'informations. 

 

Le besoin de matiĂšre, c'est quoi ?

Il s'agit là d'assurer la fonction plastique du corps. Les aliments apportent de la matiÚre (des protéines, des minéraux, de l'azote). Ces différents élément contribue à construire le corps. Cela est notamment important en période de croissance : l'alimentation apporte beaucoup de briques à l'organisme pour que celui-ci puisse se construire. Le corps emmagasine. Arrivé à l'ùge adulte, la plastique est faite donc il n'y a plus d'emmagasinement de matiÚre mais un renouvellement. 

 

Le besoin d'énergie, c'est quoi ?

Le corps ainsi construit a besoin de se mouvoir. Pour se faire, il doit ĂȘtre animĂ© d'une Ă©nergie. Cette derniĂšre s'obtient par la transformation des nutriments (lipides, protĂ©ines, glucides) contenus dans les aliments en ATP. L'ATP est ensuite lui mĂȘme dĂ©gradĂ© en ADP et en Ă©nergie. Cette Ă©nergie est quantifiĂ©e en calories (kcal). 1g de protĂ©ine ou 1g de glucides apportent 4kcal tandis qu'1g de lipides apportent 9kcal. Les lipides sont donc la source Ă©nergĂ©tique par excellence. 

 

Le besoin d'information, c'est quoi ?

Chaque aliment apporte des éléments indispensable au bon fonctionnement du corps. Par exemple, la vitamine A (rétinol) se transforme en acide rétinoïque qui va venir se fixer sur des récepteurs spécifiques au niveau des cellules cibles (foie, cerveau, os) et réguler le génome. On parle d'activité morphogÚne. En régulant le codage génétique, elle régule la cellule et lui permet d'assurer correctement sa fonction. Ainsi, une carence en vitamine A se caractérise par des problÚmes de déficits cérébraux, de vision ou de croissance. 

Autre aliment intéressant : le lait. Il contient des protéines appelées caséines qui sont "découpées" par le corps en plus petites molécules (peptides) appelées casomorphines. Ces derniÚres jouent un rÎle clé dans la douleur et démontrent des propriétés analgésiques en bloquant les récepteurs à la douleur (nociception). Elles ont la capacité d'activer la prolifération des lymphocytes pour réguler l'immunité et aident à l'absorption intestinale des autres éléments qui composent le lait : eau et électrolytes. 

Chaque molécule que nous ingérons a donc son rÎle bénéfique dans le corps. 

 

Pourquoi nous avons faim ?

La nature est bien faite elle a créé la faim. Cette commande corporelle nous pousse à aller chercher à manger quand l'un de ces 3 besoins biologiques n'est pas rempli. Comment fonctionne-t-elle ? C'est simple. 

Avant un repas, notre estomac est vide et la glycémie est basse. Ce signal mécanique de vide gastrique ainsi que le signal homéostatique de déficit en nutriments provoquent une sécrétion de ghréline, l'hormone de la faim, par l'estomac. Cette molécule vient stimuler l'hypothalamus, au niveau du cerveau et donner la sensation de faim. C'est ce qui déclenche la prise de nourriture. Le phénomÚne est d'autant plus important que des stimuli interviennent. La vue d'aliments ou leur odeur peut entraßner une production accrue de ghréline.

AprÚs le repas, l'estomac est plein et la glycémie est haute. Les tissus adipeux (gras) libÚre l'hormone de la satiété : la leptine. Cette derniÚre vient inhiber la sensation de faim au niveau de l'hypothalamus.

 

Maintenant, vous savez que vous manger pour d'autres raisons que vivre. Les repas sont créateurs de liens entre les personnes et le contexte social influence votre comportement alimentaire autant que votre profil socio-culturel influence les industries agroalimentaires dans les différents pays. Les aliments apportent du plaisir ce qui peut vous affecter positivement. Votre humeur influence d'ailleurs votre prise alimentaire. Evidemment, vous nourrir permet d'assurer une fonction biologique pour un corps tonique en pleine santé. La nature est d'ailleurs bien faite puisqu'elle a mis au point un mécanisme infaillible pour que vous n'oubliez jamais de manger : la faim.

Une petite gourmandise ? 

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