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Parviendrez vous à lire cet article sans bâiller ? 🥱

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Bâiller est un réflexe naturel qui ne semble pas avoir de réelle utilité. Et pourtant tous les vertébrés bâillent depuis la nuit des temps : des humains en passant par les oiseaux et les poissons, tout le monde est concerné par ce comportement physiologiqueEnnui, envie de dormir, mimétisme ou réel besoin ? Nous allons vous montrer que le rôle du bâillement va bien au-delà de ça et qu'il peut même être un indicateur de votre état de santé. Nous vous mettons au défi de lire cet article sans bâiller !

 

 

 

I. De quoi parle-t-on ? 

Le bâillement est l'un des plus anciens comportements des êtres vivants qui a été conservé au cours de l'évolution et est resté totalement inchangé. 

Il s'agit d'un comportement universel puisque tous les vertébrés sont concernés : les êtres humains, les singes, les chevaux, les poissons, les oiseaux,etc. Seule la girafe ne bâille pas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle n'a pas de réel rythme biologique, étant donné qu'elle dort très peu et de manière très sporadique. Autres fait étonnant : c'est à l'état fœtus que l'on bâille le plus. Les nouveau-nés connaissent également une fréquence importante de ce phénomène physiologique. Puis, à mesure que l'on vieillit, les bâillements s'espacent. Ainsi, un adulte en bonne santé bâille 5 à 10 fois par jour pour un total de 250 000 fois au cours d'une vie.  

Tout le monde est donc concerné par ce mouvement d'ouverture de la bouche que l'on peut qualifier de réflexe puisqu'il est involontaire. Il est néanmoins possible de le réprimer plus ou moins efficacement ou de moduler son intensité selon notre volonté. Cela peut être intéressant notamment si celui-ci survient à un moment inopportun socialement, d'autant plus qu'il est souvent mal perçu. 

Décortiquons ensemble les différentes étapes du bâillement qui est en fait une succession d'étirements et contractions musculaires, un véritable cycle respiratoire à son paroxysme.

Premièrement, la profonde inspiration.

La mâchoire s'étire, la bouche est grande ouverte afin de permettre une ample et profonde inspiration d'air. Ce geste étire le pharynx, qui est la zone de la gorge reliant le nez et la bouche. Dans le même temps, le larynx, conduit qui relie la gorge à la trachée et contenant les cordes vocales, s’ouvre en écartant les cordes vocales. 

Deuxième, la brève apnée.

Une fois le thorax rempli d'air, la respiration s'arrête brièvement et les yeux se ferment un instant.

Troisièmement, l'expiration lente. 

Les muscles se relâchent et libèrent l'air de façon plus ou moins bruyante. La bouche se ferme et le larynx se remet en place.  

Ces mouvements musculaires réflexes en 3 temps entraînent une baisse temporaire de l'audition puisque les trompes d’Eustache situées dans le conduit auditif s’ouvrent. Le canal lacrymal est comprimé lors de l'étirement du visage, d'où l'observation quelque fois de larmes perlant sous les yeux.

      

    II. Pourquoi bâille-t-on ? 

    Ah le bâillement ! Depuis toujours, tout le monde bâille mais personne ne sait exactement pourquoi, ce qui a laissé place à des théories variées. Déjà, dès l'Antiquité, les interprétations allaient bon train. Ce cher Hippocrate, notre père de la médecine, affirmait que le bâillement permettait d'évacuer la fièvre, comme une cheminée. Puis des siècles plus tard, ce fut au tour de Joannes de Gorter, un Hollandais, de poser son hypothèse. Selon lui, bâiller augmente la circulation sanguine dans le cerveau et en conséquent, ce dernier est mieux oxygéné. Cette croyance est restée ancrée encore aujourd'hui et beaucoup y voient vérité. Et pourtant, cette hypothèse est facilement réfutable. En effet, c'est au stade fœtal que le plus grand nombre de bâillements a été observé. Pourtant, à ce stade, il n'y a aucun contact avec l'oxygène de l'air puisque le fœtus baigne dans un liquide. Dans la même logique, les poissons bâillent aussi, et pourtant ce n'est pas dans l'eau qu'ils pourront faire le plein d'oxygène.

    Il s'agit donc bien d'une contre-vérité. Il existe désormais des explications plus plausibles

     

    1 - Bâiller pour stimuler sa vigilance dans les changements de rythme

    Il convient de regarder dans un premier temps les situations dans lesquelles on bâille. La majorité des personnes répondront que l'on bâille quand la fatigue ou l'ennui se font ressentir, ou au contraire le matin lorsqu'on se réveille et qu'on s'étire. Certaines reportent même ce comportement physiologique en situation de faim ou de satiété, de chaleur ou de maladie. Le point commun de toutes ces situations est qu'elles conduisent toutes à une augmentation de la température du cerveau. La théorie la plus actuelle est que le bâillement aurait un effet thermorégulateur en augmentant le flux du sang artériel. Un sang plus frais parviendrait alors au cerveau conduisant à un refroidissement cérébral. A cela s'ajoute l'hypothèse que le bâillement favoriserait l'élimination des facteurs somnogènes accumulés au cours d'une journée dans le liquide céphalorachidien. Ces deux phénomènes permettraient d'accroître la vigilance, notamment lors des changements de rythme sommeil/éveil, faim/satiété.

     

    2 - Bâiller pour stimuler se libérer du stress

    Les personnes qui sautent en parachute disent qu'elles ont tendance à bâiller avant de sauter. Les policiers disent qu'ils bâillent avant d'entrer dans une situation difficile. Ces différents témoignages ont permis de déterminer un facteur clé qui déclencherait les bâillements : l'anxiété ! Car ces respirations en trois temps détiendraient l'incroyable pouvoir de ramener la sérénité pour calmer le stress

    Bâiller est même devenu une thérapie recommandé chez les comédiens avant un spectacle, chez les sportifs avant une compétition ou chez les étudiants avant un examen. Une méthode qui n’a pas son pareil pour détendre et libérer les tensions !

     

    3 - Bâiller pour exprimer son désir

    Lors de l'étude de population de macaques, les scientifiques avaient déjà fait une découverte surprenante : le mâle dominant d'un groupe bâille plusieurs fois bruyamment avant l'accouplement. Et, chose étonnante, si il perd ce statut, le comportement disparaît.

    Toujours selon les experts, chez les humains, les bâillements accompagnés d’étirements seraient une expression de désir sexuel pour la femme. 

    Le lien bâillement-sexualité n'a pas encore été clairement établi mais les observations montrent qu'il existe et qu'il servirait de communication non verbale au moment de l'acte.

     

    4 - Bâiller par mimétisme pour montrer son empathie

    On l’a tous déjà expérimenté. En réunion de travail, ou en famille, entre amis, lorsque quelqu’un bâille, on bâille. D'ailleurs, vous bâillez peut-être en lisant cet article ! Il s'agit probablement du phénomène où la contagion est la plus importante. Ce comportement mimétique a été constaté même chez les animaux. Par exemple, les chiens bâillent en réaction à la vue de leurs maîtres, ou même d'inconnus. Mais comment expliquer ce curieux mouvement de réplication ?

     Les scientifiques ont donc regardé par système d'imagerie médicale le cerveau d'humains lorsque ces derniers assistaient au bâillement d'une personne. Ils ont eu la surprise de constater que les zones du cerveau impliquées dans la fonction sociale étaient activées à ce moment là. Qu'est-ce que cela signifie ?

    L'interprétation serait que le bâillement serait un acte de communication non verbale.

    De façon primaire, celui qui bâille signalerait au reste du groupe son état et le vécu actuel d'une expérience modérément désagréable sans être une menace immédiate : par exemple le réchauffement de son cerveau et sa perte consécutive de vigilance, sa fatigue ou sa faim. Cela permettrait au groupe de synchroniser les activités répondant aux besoins vitaux (manger, dormir).

    Bâiller en retour serait en faite une réponse visuelle et auditive : "J'ai pu adopter ton point de vue, décoder ton état émotionnel et éprouver ce que tu ressens. Je peux me mettre à ta place et dans le même état que toi". C'est la théorie de l'esprit. Le bâillement contagieux serait donc corrélé à l'empathie et à la compassion.

    Cette aptitude mentale mimétique propre aux primates a été observée chez l'homme, les grands singes, l'éléphant, les perroquets, etc. Il est intéressant de constater que nous ne sommes pas tous dotés de cette capacité de la compassion. Seulement  les trois quarts de la population sont sensibles aux bâillements et ce d'autant plus qu'un lien affectif nous lie à cette personne. Effectivement, et vous l'aurez sans doute constaté, un proche est plus susceptibles de nous faire bâiller qu'un inconnu. Vous serez étonné d'apprendre que ce phénomène de contagion diminue avec l'âge (et pas parce qu'on devient moins empathique avec le temps !). Ainsi, les moins de 25 ans sont plus réceptifs aux bâillements communicatifs que les 26-50 ans, eux-mêmes plus réceptifs que les plus de 50 ans

    Information amusante également : des publicitaires ont montré dans les années 1960 que les personnes les plus sensibles aux bâillements des autres sont aussi les plus réceptives à la publicité, reste à décrypter les liens de cause à effet exacts...

     

    III. Bâiller, un indicateur de santé ? 

    "Bâiller à s'en décrocher la mâchoire", eh oui, c'est possible. Il est arrivé que certains bâillements trop amples aient décroché la mâchoire de certains malchanceux avec luxation de la mandibule ou temporo-mandibulaire. Bâiller peut donc être quelque peu dangereux. Mais saviez vous qu'en étant vigilant sur la fréquence de vos bâillements, vous pourriez faire des liens inattendus avec votre état de santé ? En effet, certaines maladies ou traitements viennent les intensifier ou les espacer.

    Si vous ne bâillez pas ou très peu, cela peut-être dû à la maladie de Parkinson ou à la consommation de neuroleptiques (opiacés, drogues).

    Au contraire, si vous atteignez 50-200 bâillements par jour par salves de 15-20, il se peut que vous soyez en proie au effets secondaires d'anti-dépresseurs inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine

    Egalement, une augmentation de ce phénomène réflexe peut être lié à la présence d'une hypertension crânienne liée à la présence d'une tumeur, à une maladie neurologique, à des formes d'épilepsies, à de la sclérose en plaque, etc.

    Moins grave mais n'en demeurant pas moins contraignant, la multiplication de ce mouvement musculaire buccal peut être annonciateur d'une migraine.

    Enfin, même si ils peuvent annoncer de mauvaises nouvelles en termes de santé, ils peuvent aussi s'avérer utiles pour réguler des problèmes de pression. Par exemple pour déboucher les oreilles en altitude et libérer le nerf compressé lors d'une paralysie faciale barotraumatique (après une remontée de plongée sous-marine).

     

    Que ce soit pour augmenter la vigilance, diminuer le stress, communiquer de façon non verbale, indiquer votre état de santé, les bâillements s'avèrent être des alliés insoupçonnés dans votre vie de tout les jours. Les recherches continuent et nous ne sommes pas à l'abris de découvrir d'autres rôles surprenants de ce comportement naturel que nous adoptons tous. Pour améliorer votre vigilance, vous pouvez aussi faire appel à Work & Play et pour diminuer votre stress, n'hésitez pas à tester Life & Balance 😋

     

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    1 commentaire
    • Joli post merciiiiiiiiiiiiiiiiiii

      https://www.medespoir.ch

      Medespoir le

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