ūüćĹÔłŹManger pour vivre ? Pas seulement !

ūüćĹÔłŹManger pour vivre ? Pas seulement !

Vous pensiez que manger avait pour seul et unique but de vous maintenir en vie ? Le r√īle de l'alimentation va bien au-del√† de √ßa ! Si l'aliment a bien une fonction biologique, il a √©galement une fonction socio-culturelle et (psycho)affective.¬†On vous √©claire sur ce sujet¬† incroyablement passionnant !¬†

 

 

I. La fonction socio culturelle de l'alimentation.

Vous l'aurez remarqué, le repas est le moment clé pour réunir des individus et les mettre en relation.

L'anthropologie du comportement alimentaire est une science vraiment très intéressante. Elle étudie l'humain, ses attitudes et ses interactions avec les autres lors de la prise alimentaire.

En effet, suivant les personnes qui vous entourent, vous allez manger différemment : le contenu de votre assiette différera, le rythme auquel vous vous alimentez variera et la durée du repas changera également. Autre fait surprenant : vous apprécierez le repas de façon différente suivant le degré d'affection qui vous unit aux personnes qui partagent ce moment avec vous et selon la positivité de l'ambiance. 

Tous les soirs, autour d'un repas, avec les membres de votre famille proche, vous vous r√©unissez au d√ģner ? C'est pour vous l'occasion de¬†raconter votre journ√©e. Cela permet de consolider les liens qui vous unissent. L'air de rien, cela structure votre prise alimentaire : vous mangez quand tout le monde est rentr√© du travail et vous trouvez un rythme tous ensemble, que ce soit l'heure de d√©but ou la dur√©e du festin.

Ou bien, vous avez sans doute déjà assisté à un déjeuner d'affaires ? L'occasion de se réunir dans un cadre un peu plus convivial que le lieu de travail et de créer d'autres types de liens que ceux strictement professionnel. Le repas amène la détente qui permet de discuter avec plus de légèreté et de donner une autre dimension moins fatigante aux discussions de boulot. Votre manière de manger se calibre instinctivement sur celle des autres : le coup de fourchette est plus lent et entrecoupé de conversations et le déjeuner s'éternise plus que vos repas habituels. 

Egalement, et vous l'aurez sans doute remarqué : suivant le pays, les aliments proposés diffèrent. Parfois, il peut s'agir d'aliments similaires mais le design du packaging du produit va varier pour s'adapter au profil socio-culturel du consommateur et mettre en avant tel ou tel ingrédient. D'autre fois, les aliments sont totalement différents d'un pays à l'autre car la culture y est différente.

Par exemple, avez-vous d√©j√† entendu parler de l'Ňďuf de cent ans ? Ce mets chinois est en fait un Ňďuf vieilli¬† pendant quelques semaines ou quelques mois dans un m√©lange sp√©cial. R√©sultat ? Le jaune devient vert fonc√©, avec une texture cr√©meuse et avec une forte odeur de soufre et d'ammoniac. Le blanc quant √† lui devient brun fonc√© et translucide comme une gel√©e. Ca vous tente vous ? Tr√®s certainement pas, alors que les chinois en raffolent, question de culture ! R√©ciproquement, ils n'aimeront tr√®s s√Ľrement pas notre tr√®s cher et r√©put√© camembert odorant.

 

II. La fonction psycho-affective de l'alimentation.

D√®s le plus jeune √Ęge, l'alimentation joue un r√īle cl√©. Que la m√®re allaite ou non, donner le lait est un instant unique entre la m√®re et l'enfant qui contribue au d√©veloppement affectif.¬†

Vous-m√™me, vous d√©veloppez une appr√©ciation h√©donique de la nourriture. C'est √† dire que vous √™tes √† la recherche d'aliments que vous aimez et qui vous donne du plaisir √† la d√©gustation. Cet h√©donisme passe par la recherche de propri√©t√©s organoleptiques conformes √† vos attentes personnelles en termes de go√Ľt, d'odeur, de texture et d'aspect. En consommant un aliment que vous appr√©ciez, vous cr√©ez un lien affectif pour ce dernier.¬†

Enfin, avez-vous remarqué qu'humeur et comportements alimentaires sont intimement liés ?

Prenons l'exemple classique, sans faire de généralité puisque chaque comportement est individuel et dépend de l'historique et du caractère de chacun. Vous venez de vivre une rupture amoureuse. Bouleversée, vous vous précipitez dans le supermarché le plus proche pour dévaliser les rayons de crèmes glacées. Vous les déguster ensuite à la (grosse) cuillère en quête de réconfort. Cela vous calme, vous apaise et vous fait vous sentir mieux.

A l'inverse, il se peut que, folle amoureuse, l'estomac rempli d'amour, vous n'ayez plus la tête à manger. Votre prise alimentaire diminue alors fortement.

Eh oui, vous ne le saviez peut-être pas mais vous entretenez une relation particulière avec la nourriture. Telle votre moitié, elle subit vos humeurs, vos exigences, votre haine, et vos excès d'amour.

 

III. La fonction biologique de l'alimentation.

Nous en arrivons à la fonction la plus connue de l'alimentation : la fonction biologique. Nous nous nourrissons pour répondre à 3 besoins fondamentaux : le besoin de matière, le besoin d'énergie et le besoin d'informations. 

 

Le besoin de matière, c'est quoi ?

Il s'agit l√† d'assurer la fonction plastique du corps. Les aliments apportent de la mati√®re (des prot√©ines, des min√©raux, de l'azote). Ces diff√©rents √©l√©ment contribue √† construire le corps. Cela est notamment important en p√©riode de croissance : l'alimentation apporte beaucoup de briques √† l'organisme pour que celui-ci puisse se construire. Le corps emmagasine. Arriv√© √† l'√Ęge adulte, la plastique est faite donc il n'y a plus d'emmagasinement de mati√®re mais un renouvellement.¬†

 

Le besoin d'énergie, c'est quoi ?

Le corps ainsi construit a besoin de se mouvoir. Pour se faire, il doit être animé d'une énergie. Cette dernière s'obtient par la transformation des nutriments (lipides, protéines, glucides) contenus dans les aliments en ATP. L'ATP est ensuite lui même dégradé en ADP et en énergie. Cette énergie est quantifiée en calories (kcal). 1g de protéine ou 1g de glucides apportent 4kcal tandis qu'1g de lipides apportent 9kcal. Les lipides sont donc la source énergétique par excellence. 

 

Le besoin d'information, c'est quoi ?

Chaque aliment apporte des √©l√©ments indispensable au bon fonctionnement du corps. Par exemple, la vitamine A (r√©tinol) se transforme en acide r√©tino√Įque qui va venir se fixer sur des r√©cepteurs sp√©cifiques au niveau des cellules cibles (foie, cerveau, os) et r√©guler le g√©nome. On parle d'activit√© morphog√®ne. En r√©gulant le codage g√©n√©tique, elle r√©gule la¬†cellule et lui permet d'assurer correctement sa fonction. Ainsi, une carence en vitamine A se caract√©rise par des probl√®mes de d√©ficits c√©r√©braux, de vision ou de croissance.¬†

Autre aliment int√©ressant : le lait. Il contient des prot√©ines appel√©es cas√©ines qui sont "d√©coup√©es" par le corps en plus petites mol√©cules (peptides) appel√©es casomorphines. Ces derni√®res jouent un r√īle cl√© dans la douleur¬†et d√©montrent des propri√©t√©s analg√©siques en bloquant¬†les r√©cepteurs √† la douleur (nociception). Elles ont la capacit√© d'activer la prolif√©ration des lymphocytes pour r√©guler l'immunit√© et aident √† l'absorption intestinale des autres √©l√©ments qui composent le lait : eau et √©lectrolytes.¬†

Chaque mol√©cule que nous ing√©rons a donc son r√īle b√©n√©fique dans le corps.¬†

 

Pourquoi nous avons faim ?

La nature est bien faite elle a créé la faim. Cette commande corporelle nous pousse à aller chercher à manger quand l'un de ces 3 besoins biologiques n'est pas rempli. Comment fonctionne-t-elle ? C'est simple. 

Avant un repas, notre estomac est vide et la glyc√©mie est basse.¬†Ce signal m√©canique de vide gastrique ainsi que le signal hom√©ostatique de d√©ficit en nutriments provoquent une s√©cr√©tion de ghr√©line, l'hormone de la faim, par l'estomac. Cette mol√©cule vient stimuler l'hypothalamus, au niveau du cerveau et donner la sensation de faim. C'est ce qui d√©clenche la prise de nourriture. Le ph√©nom√®ne est d'autant plus important que des stimuli interviennent. La vue d'aliments ou leur odeur peut entra√ģner une production accrue de ghr√©line.

Après le repas, l'estomac est plein et la glycémie est haute. Les tissus adipeux (gras) libère l'hormone de la satiété : la leptine. Cette dernière vient inhiber la sensation de faim au niveau de l'hypothalamus.

 

Maintenant, vous savez que vous manger pour d'autres raisons que vivre. Les repas sont créateurs de liens entre les personnes et le contexte social influence votre comportement alimentaire autant que votre profil socio-culturel influence les industries agroalimentaires dans les différents pays. Les aliments apportent du plaisir ce qui peut vous affecter positivement. Votre humeur influence d'ailleurs votre prise alimentaire. Evidemment, vous nourrir permet d'assurer une fonction biologique pour un corps tonique en pleine santé. La nature est d'ailleurs bien faite puisqu'elle a mis au point un mécanisme infaillible pour que vous n'oubliez jamais de manger : la faim.

Une petite gourmandise ? 

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